Un lundi, un entrepreneur du bâtiment me propose 1 200 € pour une marketplace de rénovation, convaincu que « l'IA peut le faire en trois prompts ». Je lui ai conseillé d'essayer. Ce que les trois prompts produisent vraiment, ce qui se passerait si j'avais dit oui, et ce que l'on paie quand on paie un développeur en 2026.
Le lundi, c'est mon jour de calls.
J'ouvre volontairement mon calendrier aux futurs clients et aux prospects. J'aime bien démarrer la semaine comme ça : découvrir des idées, discuter avec des entrepreneurs, sortir un peu de Swift, de l'architecture et des dernières nouveautés d'Apple.
En général, j'ai entre quatre et six appels. Deux ne mèneront probablement nulle part : un projet encore flou, un budget irréaliste, ou simplement un mauvais timing. Et puis il y a deux ou trois échanges plus sérieux, avec des gens qui savent ce qu'ils veulent construire et pourquoi. Même quand rien ne se signe, ces discussions m'apprennent souvent quelque chose.
Et parfois, il y a un appel qui mérite un article à lui tout seul.
Celui-ci a duré moins de dix minutes.
En face de moi, un entrepreneur du bâtiment, la quarantaine. Il dirige sa boîte depuis une bonne dizaine d'années et a une idée qui, sur le papier, se défend : une application destinée aux particuliers qui rénovent leur maison. On photographie une pièce pour obtenir une première estimation du budget, on trouve des artisans, on compare des devis, on suit le chantier et on règle les factures.
Il connaît son secteur, les galères des clients, les retards, les devis impossibles à comparer. C'est une bonne base pour réfléchir à un produit.
Mais sa liste s'allonge vite. De l'IA pour analyser les photos. Des profils pour les particuliers et les artisans. Une messagerie, des notifications, des paiements sécurisés. L'application sur iPhone et Android. Sans oublier le back-office pour administrer la plateforme.
« Rien de très compliqué aujourd'hui, avec l'IA. »
Ah, et il aimerait lancer ça le mois prochain.
Puis vient le budget : 1 200 €.
Pour situer, les projets que je signe se situent habituellement entre 10 000 et 50 000 €. Ce qu'il vient de décrire ressemble plutôt à une marketplace de plusieurs dizaines de milliers d'euros qu'à une petite app bricolée entre deux cafés.
Je pense qu'il a vu ma réaction, parce qu'il a immédiatement ajouté :
« Franchement, avec l'IA aujourd'hui, ça se fait en trois prompts, non ? Au fond, je vous paie surtout pour appuyer sur le bouton. »
Je lui ai souri : « Alors essayez. Vraiment. »
Il a paru décontenancé. Il attendait peut-être une négociation, une version allégée du devis ou un long discours sur le prix du développement. Mais si son application tient réellement en trois prompts, il n'a aucune raison de me payer. Et si ce n'est pas le cas, nous ne parlons pas du même budget.
Je ne me moque pas de lui. Il connaît son métier et essaie d'appliquer à un nouveau projet ce qu'il a vu dans les démonstrations d'IA. Je comprends parfaitement le raisonnement.
En revanche, j'ai beaucoup moins de patience pour les vibe codeurs du dimanche qui lui ont mis ces idées dans la tête.
Vous savez, ceux qui ont découvert Codex (ou Claude) un mardi, généré trois écrans le mercredi et se sont réveillés jeudi matin avec un diplôme d'ingénieur logiciel trouvé dans la pochette surprise offerte par mamie à Noël dernier.

Vendredi, ils étaient Founder & CTO. Samedi, ils publiaient un thread LinkedIn intitulé « Why Software Engineers Are Dead ». Dimanche, ils vendaient une formation à 499 € pour apprendre à remplacer une équipe de vingt développeurs avec trois prompts écrits en anglais approximatif.
Leur expertise technique ? Savoir copier-coller un message d'erreur dans ChatGPT. Leur architecture ? « J'ai laissé l'IA choisir. » Leur stratégie de sécurité ? « Ça marche sur mon Mac. » Leur expérience de la production ? Un bouton Deploy devenu vert chez Vercel.
Et quand leur château de cartes finit par s'effondrer, ils découvrent avec stupéfaction que les utilisateurs ont des données personnelles, que les paiements impliquent de l'argent réel et qu'une base de données ne se répare pas en demandant « fix everything please ».
Mais le plus fascinant reste leur aplomb. Ces gens qui n'auraient pas su expliquer ce qu'est une API six mois plus tôt viennent désormais donner des leçons d'architecture, de productivité et d'ingénierie à des professionnels qui livrent des logiciels depuis quinze ou vingt ans.
Qu'on soit clair : je n'ai aucun problème avec quelqu'un qui apprend à programmer grâce à l'IA. Au contraire. Je trouve formidable que ces outils ouvrent le développement à davantage de monde.
Ce qui m'insupporte, c'est de confondre l'accès à un outil avec la maîtrise d'un métier.
Acheter une bétonnière ne fait pas de vous un maçon. Regarder trois tutoriels YouTube ne fait pas de vous un architecte. Et demander à Claude de générer 40 000 lignes de code que vous êtes incapable de lire ne fait pas de vous un ingénieur logiciel.
Ça fait de vous quelqu'un qui possède 40 000 lignes de code qu'il ne comprend pas. Félicitations.
Le problème, ce n'est même pas qu'ils y croient. C'est qu'à force de transformer leur ignorance en contenu viral, ils finissent par convaincre des entrepreneurs parfaitement sérieux que notre métier consiste désormais à surveiller une barre de progression.
Alors non, je n'en veux pas à cet entrepreneur du bâtiment.
Je lui en veux d'autant moins qu'il a simplement cru des gens qui parlent de construction logicielle avec l'assurance de ceux qui n'ont jamais eu à maintenir ce qu'ils ont construit.
Parce que ce qu'on lui montre, ce n'est pas une application prête à accueillir des clients.
C'est une bande-annonce. Avec un lien d'affiliation en description. (et une pub pour un VPN en pre-roll)

Il n'a pas complètement tort
Commençons par l'honnêteté, parce que je serais mal placé pour la refuser.
Je travaille avec des agents IA tous les jours. J'ai migré tout mon écosystème de contenu vers un CMS que mes agents pilotent directement (je l'ai raconté dans « Pourquoi j'ai quitté Hygraph pour Sanity »). Claude et Codex écrivent une partie du code que je livre. Un écran SwiftUI qui me prenait une demi-journée il y a trois ans, je peux parfois en obtenir une première version en vingt minutes.
Donc oui : l'IA a radicalement fait baisser le coût de production du code. Prétendre le contraire, c'est défendre une rente qui n'existe plus, et les clients le sentent. Les développeurs qui expliquent encore que « l'IA ne sait pas coder » sont en train de perdre un débat que la réalité a déjà tranché.
Mais « produire du code » et « livrer une application » sont deux métiers différents. Sur le premier, le gain est énorme. Sur le second, il reste beaucoup de travail — et surtout des décisions à assumer.
Et c'est là que tout le malentendu se loge.
« Appuyer sur le bouton »
Cette histoire de bouton m'a fait sourire. Je l'entends de plus en plus.
« Je vous paie pour appuyer sur le bouton. » Très bien. Mais quel bouton ? Celui qui génère l'écran d'accueil ? Celui qui choisit entre Firebase, Supabase ou un serveur maison ? Celui qui décide si le paiement passe par les achats intégrés d'Apple ou par Stripe — et qui fait rejeter l'app s'il se trompe ? Celui qui répond à l'email de l'App Review à 23 h, la veille du lancement ?
Ce n'est pas un bouton. C'est une suite de choix. Et certains deviennent très chers lorsqu'on se trompe.
Dans le bâtiment, il comprendrait immédiatement la comparaison : on ne paie pas seulement un artisan pour le temps passé à tenir son outil. On paie aussi son expérience, son diagnostic et les erreurs qu'il évite.
On prête à Picasso une anecdote que je trouve parfaite. Dans un restaurant, au moment de l'addition, il griffonne un dessin sur la nappe. Le patron, ravi, lui propose de lui offrir le repas s'il accepte de signer le dessin. Picasso refuse : « Je veux payer le repas, pas acheter le restaurant. »

Le dessin lui a pris quelques secondes. La signature, encore moins. Mais Picasso savait exactement ce qu'elles valaient : pas le temps passé à tenir le crayon, mais toute une vie à apprendre où le poser.
L'IA n'a pas changé la morale de l'histoire. Elle a juste rendu le geste encore plus rapide.
Si je lui demandais de refaire ma salle de bains pour 1 200 €, sous prétexte qu’avec ses outils modernes « il suffit d’appuyer sur la perceuse », je pense qu’il aurait exactement la même réaction que moi.
Les outils font gagner du temps. Ils ne font pas disparaître le chantier.
Ce que produisent vraiment les trois prompts
Faisons l'exercice honnêtement. Trois bons prompts, un bon modèle, un après-midi. On obtient quoi ?
- Des écrans propres, qui ressemblent à une app.
- Une navigation qui fonctionne dans le simulateur.
- Des données en dur, ou une base locale.
- Un « paiement » qui affiche un joli écran de confirmation, sans qu'un centime ne bouge.
- Une authentification qui semble marcher, sans qu'on ait réellement éprouvé sa sécurité.
C'est impressionnant. Sincèrement. Mais ce n'est qu'une première étape. C’est la partie la plus visible, celle qu’on met dans les vidéos.
Ce qu'on ne voit presque jamais dans ces vidéos, c'est le moment où le prototype rencontre ses premiers vrais utilisateurs.

Ce qu'ils ne produisent pas
Voici la liste, non exhaustive, de ce qui sépare cette démo d'une application dans la poche de vos clients.
Pour exister sur les stores
- Un compte Apple Developer (99 $ US par an, hors taxes éventuelles) et un compte Google Play, au bon nom, avec les bons documents. Au nom de votre société, pas du freelance qui disparaîtra dans six mois avec les clés.
- La signature du code, les certificats, les profils de provisionnement — qui expirent, toujours au mauvais moment.
- Les fiches App Store et Play Store : captures pour chaque taille d'écran, textes, mots-clés, classification d'âge, étiquettes de confidentialité.
- La validation par Apple, qui peut refuser l'app pour des raisons que trois prompts ne connaissent pas : un paiement mal intégré, une connexion obligatoire injustifiée, une politique de confidentialité absente, une fonctionnalité jugée « trop pauvre » pour mériter une app.
Pour fonctionner pour de vrai
- Un serveur, une base de données, des comptes utilisateurs sécurisés, un parcours « mot de passe oublié » qui ne laisse pas n'importe qui entrer chez n'importe qui.
- Un vrai paiement, avec ses règles : Apple impose ses achats intégrés pour certains contenus, pas pour d'autres. Se tromper, c'est un rejet — ou une commission que vous n'aviez pas prévue dans votre modèle économique.
- Un artisan qui ne reçoit pas deux demandes confirmées sur le même créneau, des devis bien associés aux bons chantiers.
- Une estimation par photo présentée comme une indication, pas comme un devis garanti.
- Des notifications qui arrivent sur de vrais appareils, et pas trois heures plus tard.
- Des données personnelles traitées conformément au RGPD. Question simple : le jour où ça fuit, qui est responsable ? Indice : ce n'est pas le modèle de langage.
Pour durer
- Des tests sur de vrais iPhone, de vrais Android d'entrée de gamme, de vraies tailles d'écran, une vraie 4G dans un couloir de métro.
- Une app accessible : VoiceOver, tailles de texte dynamiques, contrastes.
- Une nouvelle version d'iOS chaque année, qui casse toujours quelque chose. Et Android, qui casse autre chose.
- Des corrections, des retours utilisateurs, des mises à jour, des avis une étoile à gérer. Une app ne s'arrête pas le jour de sa mise en ligne. C'est même à ce moment-là que commencent les vrais retours du terrain.
Rien de tout ça ne se voit dans une démo. Tout ça se voit le jour où ça manque.
Et si j'avais dit oui ?
Jouons le jeu jusqu'au bout. Imaginons que j'aie accepté les 1 200 €. Voici, à peu près, comment l'histoire se serait déroulée.
Semaine 1. Je génère les écrans. Magnifiques. Le client est ravi. Il montre les captures à ses associés. Tout le monde trouve ça génial. C'est le meilleur moment du projet, et il ne reviendra pas.
Semaine 2. On branche un vrai backend. Il faut choisir un hébergeur, configurer l'authentification, modéliser les réservations. Mes 1 200 € sont déjà consommés. À partir d'ici, je travaille gratuitement.
Semaine 3. Le paiement. On doit clarifier les flux entre particuliers et artisans. Le paiement des prestations physiques ne suit pas les mêmes règles que l’achat de contenus numériques. Et il faut aussi réfléchir aux acomptes, aux remboursements et à la facturation. « Mais l'IA ne m'avait pas dit ça. » Non. Elle ne vous avait rien dit du tout, parce que vous ne lui aviez rien demandé.
Semaine 4. Première soumission à l'App Store. Rejet. Il manque une politique de confidentialité, un moyen de supprimer son compte depuis l'app, et une démo fonctionnelle pour le reviewer. Chaque correction demande une nouvelle soumission, et chaque soumission, quelques jours d'attente.
Semaine 6. L'app est en ligne. Les premiers utilisateurs arrivent. Deux d'entre eux réservent le même créneau au même moment. Un devis envoyé au mauvais particulier expose les coordonnées et le montant des travaux. Là, ce n’est plus une démo. Panique. Appel à 22 h.
Semaine 8. L'entrepreneur me rappelle, à juste titre, qu'il a payé pour une application qui marche. Il a raison. Moi, j'ai accepté un prix qui ne permettait pas qu'elle marche. J'ai tort aussi. Et on finit tous les deux perdants : lui avec une app bancale, moi avec trois semaines de travail non payées et un client mécontent qui va en parler.
C'est pour ça que je refuse ce genre de devis. Pas pour défendre un tarif par principe. Parce que je sais comment l'histoire risque de finir. Un mauvais prix ne produit jamais une bonne application. Il produit une dispute, avec un peu de retard.
Ce qu'on peut faire avec 1 200 €
Faisons le calcul que personne ne fait.
Chez moi, 1 200 €, c'est à peu près une journée et demie de travail. Pas une application : une journée et demie. Charges, impôts, logiciels, matériel et comptes développeur compris.
Et cette journée et demie ne paie pas seulement le temps passé devant l'écran. Elle tient compte de dix-huit ans dans l’écosystème App Store. Dix-huit ans à me casser les dents sur des rejets d'Apple incompréhensibles, sur des serveurs qui tombent le soir d'un lancement, sur des bugs qui n'apparaissent que sur un seul modèle d'iPhone, dans une seule langue, un mardi. Dix-huit ans à construire un réseau : des contacts dans l'écosystème Apple, des confrères qui ont déjà résolu le problème que vous allez rencontrer, des partenaires à qui confier ce que je ne fais pas moi-même.
C'est ça, la signature en bas du dessin.
En une journée et demie, je peux faire beaucoup de choses utiles. Je peux cadrer votre projet, vous dire ce qui coûtera cher et pourquoi, trier l'indispensable du « ce serait bien », vérifier que votre modèle économique tient avec les règles d'Apple, et vous éviter six mois dans la mauvaise direction. C'est souvent la dépense la plus rentable d'un projet.
Ce que je ne peux pas faire en une journée et demie, c'est m'engager sur une application en production, avec des utilisateurs, des paiements et des données personnelles. Parce qu'au fond, c'est ça qu'on achète quand on paie un développeur expérimenté en 2026 :
- Pas les lignes de code. L'IA les écrit, et c'est très bien.
- Les décisions. Quel backend, quelle architecture, quoi ne pas construire. Surtout quoi ne pas construire.
- La responsabilité. Quelqu'un qui sait pourquoi ça a cassé, et qui répond au téléphone quand ça casse.
L'IA a fait baisser le prix du code. Elle n'a pas fait baisser le prix du jugement. Elle l'a même fait monter : quand tout le monde peut générer mille lignes en une minute, savoir lesquelles garder devient la compétence rare.
Ce que l'IA a vraiment changé dans mes devis
On me pose souvent la question, alors autant y répondre franchement : oui, l'IA a changé ma façon de chiffrer.
Mais pas dans le sens que l'on imagine. Mes projets ne coûtent pas dix fois moins cher. Ils vont plus loin pour le même budget. Là où un budget de 20 000 € finançait il y a trois ans une première version assez serrée, il peut aujourd’hui permettre plus de fonctionnalités, davantage de tests et une meilleure accessibilité. Parfois aussi une déclinaison iPad ou un back-office plus solide. Le temps que l'IA me fait gagner sur la production, je le réinvestis dans ce que l'IA fait mal : l'architecture, la qualité, la relation avec Apple, et le produit lui-même.
L'IA n'a pas divisé le prix d'une application par dix. Elle a multiplié ce qu'on obtient pour le même prix. Ce n'est pas la même chose, et toute la différence est là.
Ceux qui vous promettent l'inverse — « la même app, pour un dixième du prix » — vous vendent l'une de ces deux choses : une démo déguisée en produit, ou leur propre faillite à moyen terme.
Le vrai malentendu : le prix perçu a baissé, pas le coût du risque
Je ne reproche rien à cet entrepreneur. Le marché lui envoie un signal cohérent : des vidéos où « une app complète » apparaît en quelques minutes, des outils qui promettent de « remplacer votre développeur », des fils LinkedIn où chacun a « codé un SaaS ce week-end ». Le prix perçu d'une application s'est effondré.
Mais le coût du risque, lui, n'a pas bougé d'un centime. Une fuite de données coûte toujours aussi cher. Un rejet App Store la veille d'un lancement coûte toujours aussi cher. Une app qui plante chez vos premiers clients coûte toujours aussi cher — en argent, et surtout en réputation. Vos utilisateurs se moquent de savoir si le code a été écrit par un humain ou par une machine. Ils veulent que ça marche.
Et l'IA ajoute un risque nouveau : du code que personne ne comprend. Je commence à recevoir des projets générés de bout en bout, qui « marchaient » jusqu'au jour où il a fallu les modifier. Pas de structure, pas de tests, des dépendances ajoutées au hasard, des clés d'API en clair dans l'application. Les reprendre coûte souvent plus cher que de repartir d'une page blanche, parce qu'il faut d'abord comprendre ce que la machine a voulu faire. Et la machine, elle, ne s'en souvient pas.
Le code généré sans supervision, c'est un crédit à taux variable : pas cher à la signature, ruineux à l'échéance.
Pourquoi « Allez-y » est un vrai conseil
Quand je lui ai proposé de tenter l'expérience, je le pensais. Et je le pense encore. Voici pourquoi.
Vous allez apprendre ce que vous voulez vraiment. Rien ne clarifie mieux une idée que d'essayer de la construire. Au bout de quelques soirées, vous saurez quels écrans comptent, lesquels sont accessoires, et où sont les vraies difficultés.
Vous allez découvrir où l'IA bloque. Pas sur les écrans. Sur la publication, le paiement, les comptes, la sécurité, la synchronisation. C'est là que se trouve le travail, et c'est là que se trouve le budget. Vous le découvrirez par vous-même, et ça vaut mieux que de me croire sur parole.
Vous aurez un meilleur brief. Et peut-être un prototype. Un client qui a essayé arrive avec des questions précises au lieu d'une idée floue. Le projet coûte moins cher, parce qu'on sait ce qu'on construit. Plusieurs de mes meilleures discussions clients commencent d'ailleurs avec un prototype imparfait posé sur la table.
Et peut-être que vous n'aurez pas besoin de moi. Si votre besoin tient dans un outil no-code, un site web responsive ou une app interne pour dix personnes, l'IA et les bons outils suffisent largement. Je préfère vous le dire maintenant que vous facturer une app native dont vous n'avez pas besoin. Un consultant qui vous vend tout ce que vous demandez n'est pas un consultant. C'est un distributeur automatique.
Si votre budget est vraiment de 1 200 €
Il y a des choses intelligentes à faire avec cette somme. Aucune ne s'appelle « une application iOS et Android en production ».
- Une journée de cadrage. On sort avec un périmètre clair, une estimation réaliste et une liste de ce qui peut attendre la version 2. C'est aussi le meilleur moyen de savoir si votre projet mérite vraiment d'exister sous forme d'app.
- Un audit de votre prototype IA. Vous avez généré quelque chose ? Je vous dis ce qui est réutilisable, ce qui est dangereux, et ce qui manque avant les stores.
- Une validation de marché sans app. Une page d'atterrissage, un formulaire, quelques semaines pour vérifier que des gens veulent vraiment ce que vous voulez construire. C'est souvent la meilleure dépense de toutes — et la plus vexante, parce qu'elle répond à la question que personne ne veut poser.
- Un MVP plus petit. Une seule plateforme, un seul parcours utilisateur, pas de paiement au départ. Moins de fonctionnalités, mais une vraie app. Pas pour 1 200 €, mais pour bien moins que la version complète.
Un mot aux confrères
Si vous êtes développeur, vous avez probablement eu cette conversation. Vous l'aurez encore. Et vous serez tenté de dire oui, parce que le mois est calme, parce que « ça fera une référence », parce que « avec l'IA, ça ira vite ».
Ne le faites pas.
Chaque projet accepté à un prix absurde apprend au marché que ce prix est possible. Chaque app bancale livrée à ce prix-là renforce l'idée qu'une app, finalement, « ça se fait en trois prompts ». Vous ne rendez service ni au client, ni à vous, ni à ceux qui font le même métier que vous.
Dire non, poliment, avec des arguments, et en proposant autre chose, est l'une des compétences les plus rentables de ce métier. L'IA ne vous l'enlèvera pas.
La version courte
Non, monsieur, je ne ferai pas votre application pour 1 200 €. Pas parce que je méprise l'IA — je m'en sers sans doute plus que vous. Mais parce qu'à ce prix-là, je vous vendrais une démo en la faisant passer pour un produit, et c'est vous qui paieriez la différence le jour du lancement.
Allez-y. Lancez vos trois prompts. Je vous le souhaite sincèrement, et je suis curieux du résultat.
Et si vous bloquez à l'étape « publier sur l'App Store », mon adresse n'a pas changé. Le devis, lui, aura peut-être un zéro de plus. Mais il y aura une application au bout.
Si vous avez un projet d'application et que vous voulez savoir ce qu'il coûtera vraiment — ou si vous avez un prototype généré par IA et que vous vous demandez s'il peut devenir un produit — c'est exactement ce que je fais avec BNC Consulting. Écrivez-moi.
— Clément
Comme d'habitude, article rédigé à la main en français, à partir d'un appel du lundi 26 octobre 2026 à 11 h. La personne concernée a été informée que cet échange ferait l'objet d'un article. Traduction anglaise réalisée avec illustrations générées les outils d'OpenAI.
